En bref. Une alimentation DC bidirectionnelle réunit dans un même châssis une source programmable et une charge qui renvoie l’énergie au réseau. Le même instrument peut donc équiper la paillasse R&D, puis le banc de test automatisé de la ligne de production : modes de fonctionnement, séquences, interfaces de pilotage et précision de mesure sont identiques des deux côtés. De l’AN56(F) (±6 kW en 1U) à l’ANEVT DA(F) (jusqu’à 600 kW par canal), le principe ne change pas.
Pourquoi le banc R&D et la ligne de production se parlent mal
Un laboratoire de développement et un atelier de production n’ont pas les mêmes priorités. Le premier veut de la souplesse : changer une consigne, tracer une courbe, reproduire un défaut. Le second veut de la cadence et de la répétabilité : la même séquence, le même verdict, poste après poste.
Tant que les deux environnements utilisent des instruments différents, le transfert d’un produit vers la fabrication se paie en travail redondant :
- les résultats de validation ne se reproduisent pas sur la ligne, parce que la source et la charge ne sont pas les mêmes ;
- les séquences de test écrites en R&D sont réécrites pour le banc de production ;
- deux parcs d’instruments à acheter, étalonner et maintenir ;
- et quand la ligne détecte une dérive, l’ingénierie ne dispose pas d’un montage équivalent pour la comprendre.
Choisir dès la phase de développement une famille d’alimentations DC bidirectionnelles capable de suivre le produit jusqu’en production supprime une bonne part de ces frictions. Voici pourquoi, spécification par spécification.
Ce qu’est réellement une alimentation DC bidirectionnelle
Une alimentation DC bidirectionnelle fonctionne dans deux quadrants. En source, elle alimente le montage sous test ; en charge, elle absorbe l’énergie que ce montage renvoie et la réinjecte sur le réseau au lieu de la dissiper en chaleur. Sur l’ANEVH(F), la commutation entre les deux sens est automatique et transparente ; sur l’AN56(F), le basculement de +90 % à −90 % du courant prend 2 ms, sans discontinuité vue par le montage.
Cette double fonction remplace le couple habituel « alimentation + charge électronique ». Un chargeur embarqué, un convertisseur DC/DC bidirectionnel ou un pack batterie se testent avec un seul appareil, un seul câblage de puissance et un seul jeu de mesures, que le banc soit en laboratoire ou sur la ligne.
Pour les fondamentaux (quadrants, récupération, choix de la plage de tension), voir notre guide complet de l’alimentation CC bidirectionnelle.
Cinq raisons pour lesquelles le même instrument sert des deux côtés
1. Les mêmes modes de fonctionnement, du prototype à la série
En source, l’AN56(F) régule en tension, courant ou puissance constants (CV, CC, CP). En charge, il ajoute la résistance constante (CR) et les combinaisons CV+CC, CV+CR, CC+CR et CV+CC+CP+CR. L’ANEVH(F) propose la même palette de modes de charge, et l’ANEVT DA(F) les quatre modes CV, CC, CP et CR sur chacun de ses canaux. Une procédure de validation écrite autour de ces modes se rejoue telle quelle sur le banc de test automatisé : un profil de décharge en courant constant puis en tension constante ne dépend pas du poste où il s’exécute.
2. Des séquences programmées, pas des réglages manuels
Ce qui différencie un banc de laboratoire d’un banc de production, c’est l’automatisation de la séquence. Les trois séries Ainuo embarquent de quoi la construire dans l’instrument : un générateur de fonctions pour les formes d’onde arbitraires sur l’AN56(F) et l’ANEVH(F) ; une programmation en 900 pas, avec un pas minimal de 1 ms et des rampes de tension et de courant, sur l’ANEVT DA(F). Les profils de réseau de bord automobile normalisés DIN 40839, ISO 16750-2 et ISO 21848 sont intégrés d’origine sur l’AN56(F) et disponibles en option sur l’ANEVH(F) : le même profil de tension de bord est joué au développement, puis en contrôle final.
3. Les mêmes interfaces de pilotage
Sur la paillasse, l’ingénieur pilote l’appareil depuis l’écran tactile ou le logiciel PC fourni. Sur la ligne, c’est un automate ou un PC de test qui commande. Les deux cas sont couverts par les mêmes ports : la fiche technique de l’ANEVH(F) liste CAN, RS232, RS485, LAN et USB en standard, GPIB en option ; l’AN56(F) offre la même liste (CAN, RS485, RS232, LAN, USB ; GPIB en option) ; l’ANEVT DA(F) est livrée avec CAN 2.0 et Ethernet en standard, RS232 ou RS485 au choix. Pour l’intégration la plus directe sur un banc de test automatisé, une interface analogique en option (marche, arrêt, alarme, commande 0-5 V ou 0-10 V) permet de câbler l’alimentation à l’automate de la ligne sans écrire une ligne de code.
4. La même précision de mesure, donc des résultats comparables
La corrélation entre le laboratoire et la ligne suppose que les deux mesurent pareil. Une alimentation bidirectionnelle intègre sa propre mesure de tension, de courant et de puissance, avec une précision spécifiée : sur l’AN56(F), 0,02 % de la consigne + 0,02 % de la pleine échelle en tension et 0,05 % + 0,05 % en courant, avec une résolution de 1 mV, 1 mA et 1 W ; sur l’ANEVH(F), au plus 0,05 % de la pleine échelle en tension et 0,1 % en courant ; sur l’ANEVT DA(F), 0,05 % (tension), 0,1 % (courant) et 0,2 % (puissance) de la pleine échelle. Quand la même référence équipe les deux postes, un écart entre la validation et la production est un écart du produit, pas de l’instrument.
5. L’énergie repart sur le réseau, poste après poste
En laboratoire, la récupération d’énergie est un confort ; sur une ligne qui teste en continu, c’est un poste de coût. Les trois séries renvoient l’énergie absorbée au réseau : l’AN56(F) avec un rendement d’environ 90 % en source comme en récupération ; l’ANEVH(F) autour de 90 % sur les modèles 3U et jusqu’à 94 % sur les modèles 4U de 50 kW ; l’ANEVT DA(F) en continu à pleine puissance, avec un facteur de puissance d’au moins 0,99 et un THD de 3 % au plus. Ce qui n’est pas dissipé en chaleur n’a pas non plus à être évacué par la climatisation de l’atelier, un point que nous détaillons dans notre article sur les charges CC régénératives.
Une dynamique qui tient la cadence
Un banc de test automatisé enchaîne les points de mesure, et chaque milliseconde de stabilisation se multiplie par le nombre de pièces. Les fiches techniques donnent l’ordre de grandeur : temps de réponse transitoire de 1 ms au plus sur les modèles 500 à 1500 V de l’AN56(F) (2 ms sur les modèles 10 V), 2 ms sur l’ANEVH(F), 3 ms sur l’ANEVT DA(F) ; basculement source ↔ charge en 2 ms sur l’AN56(F) et l’ANEVH(F), 4 ms au plus sur l’ANEVT DA(F) ; montée en tension de 10 % à 90 % en 10 ms au plus sur l’AN56(F). Ces temps de réponse correspondent, sur les fiches, au retour de la tension dans une bande de ±0,75 % après un échelon de charge (de 80 % à 30 % pour l’AN56(F), de 100 % à 50 % pour l’ANEVH(F)).
Monter en puissance sans changer de méthode
Le prototype se valide à quelques kilowatts ; la ligne peut avoir à tester des packs ou des convertisseurs bien plus gros. L’intérêt d’une famille cohérente est de monter en puissance avec la même logique de modes et de pilotage :
- l’AN56(F) : ±6 kW dans un châssis 1U de 43,6 mm, huit modèles de 10 à 1500 V, mise en parallèle par fibre optique en standard jusqu’à plusieurs centaines d’appareils ;
- l’ANEVH(F) : 5 à 30 kW en 3U et 20 à 50 kW en 4U, sept niveaux de tension jusqu’à 2250 V, ports de mise en parallèle en standard et puissance cumulée jusqu’à 1 MW ;
- l’ANEVT DA(F) : deux canaux indépendants de 90 à 600 kW chacun, 24 à 1200 V, la puissance se répartissant librement entre les deux, de quoi tester deux pièces à la fois sur un même poste ;
- la D2000 de Kewell : 30 à 600 kW par unité, 12 à 1200 V (D2000-EV) ou 12 à 2000 V (D2000-IV), mise en parallèle jusqu’à 2,4 MW, rendement jusqu’à 95,5 %.
Modèles de batterie et courbes I-V : le même jeu de paramètres des deux côtés
Beaucoup d’essais de production ne se font ni sur une vraie batterie ni sous un vrai soleil. Les alimentations bidirectionnelles embarquent les modèles. L’ANEVT DA(F) simule sept technologies de batterie (NMC, LMO, LTO, LCO, LFP, plomb-acide, NiMH) avec des modèles du 1er au 3e ordre, état de charge, température et configuration série/parallèle paramétrables ; la D2000 propose elle aussi sept types prédéfinis avec des modèles du 1er au 3e ordre. L’AN56(F) et l’ANEVH(F) reproduisent une courbe I-V photovoltaïque sous différentes conditions d’ensoleillement et de température et évaluent le suivi du point de puissance maximale (MPPT) ; la D2000-IV ajoute les modèles SAS et Sandia et le MPPT dynamique selon EN 50530. Le pack ou le panneau « de référence » défini en R&D devient un jeu de paramètres, rejouable à l’identique sur chaque poste de la ligne. Nos articles sur l’émulation de batterie et sur le test des onduleurs solaires détaillent ces deux usages.
Sécurité : ce que la ligne exige en plus du laboratoire
Sur une ligne automatisée, l’opérateur n’est pas un ingénieur qui surveille son montage ; les protections doivent être dans l’instrument. Les trois séries Ainuo intègrent les protections contre la surtension, la surintensité, la surpuissance et la surchauffe (OVP, OCP, OPP, OTP), ainsi que contre la sous-tension d’entrée et le court-circuit ; le seuil de surtension de l’AN56(F) et de l’ANEVH(F) est fixé à 110 % de la pleine échelle. L’ANEVT DA(F) ajoute ce qu’une armoire de ligne attend : un bouton d’arrêt d’urgence physique par baie, une unité de décharge intégrée et des protections d’entrée. La D2000 embarque une surveillance d’isolement et des relais de sécurité.
Quel modèle pour quel poste ?
- Paillasse et rack de laboratoire, essais de faible et moyenne puissance, électronique automobile et aéronautique, semi-conducteurs : AN56(F), ±6 kW en 1U, 10 à 1500 V.
- Banc intégré de 5 à 50 kW, chargeurs embarqués, bornes de recharge, convertisseurs DC/DC, micro-onduleurs : ANEVH(F), sept niveaux de tension jusqu’à 2250 V, parallèle jusqu’à 1 MW.
- Ligne de test de packs batterie, de véhicules électriques ou de stockage, deux postes sur une même armoire : ANEVT DA(F), deux canaux indépendants de 90 à 600 kW.
- Très forte puissance, stockage d’énergie, ferroviaire, onduleurs solaires jusqu’à 2000 V : D2000 (Kewell), jusqu’à 2,4 MW en parallèle.
Quatre bonnes pratiques pour relier R&D et production
- Standardiser la famille d’alimentations dès la R&D, en choisissant la puissance du prototype dans une gamme qui couvre aussi le besoin de la ligne.
- Écrire les séquences dans l’instrument ou via ses interfaces (LAN, CAN, RS485) plutôt que dans des réglages manuels : elles deviennent transférables et versionnables.
- Utiliser la mesure intégrée comme référence commune et l’étalonner selon le même plan des deux côtés, pour que les résultats se comparent.
- Faire remonter les données de la ligne vers l’ingénierie : dérives, taux de rejet, conditions réelles de fonctionnement. Côté acquisition et post-traitement, notre article sur l’automatisation des mesures avec DEWETRON montre comment piloter et exploiter un banc complet.
Ces solutions chez Dewetron Services
DEWETRON Services, distributeur et intégrateur en France, propose les alimentations DC bidirectionnelles Ainuo et Kewell et vous aide à dimensionner le poste, du prototype à la ligne :
- AN56(F) – Alimentation bidirectionnelle de précision et dynamique rapide : ±6 kW en 1U, 0 à 1500 V, basculement source ↔ charge en 2 ms.
- ANEVH(F) – Alimentation CC bidirectionnelle programmable : 5 à 50 kW, sept niveaux de tension jusqu’à 2250 V, jusqu’à 1 MW en parallèle.
- ANEVT DA(F) – Alimentation CC bidirectionnelle à double canal : deux canaux indépendants, 90 à 600 kW par canal, 24 à 1200 V.
Pour un banc de test automatisé ou un poste de validation à équiper, contactez notre équipe : nous étudions la puissance, la tension et l’interface de pilotage adaptées à votre produit.




























